Un nombre record de pays s’engage en faveur de la protection des requins et des raies

67 pays soutiennent les restrictions au commerce d’espèces menacées dans le cadre de la CITES

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Un nombre record de pays s’engage en faveur de la protection des requins et des raies

Note de l'éditeur: Cet article a été mis à jour le 7 août 2019 pour corriger les dates et le lieu de la réunion de la CoP18.

L’élan en faveur de la protection des requins et des raies continue de prendre de l’ampleur à l’échelle internationale, un nombre record de 67 gouvernements appuyant au moins une des propositions d’inscription à l’approche de la Conférence des parties (CoP18) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Les délégués étudieront l’inscription du requin-taupe bleu, du petit requin-taupe, de dix espèces de Rhynchobatus australiae et de six espèces de grande raie-guitare (Rhynchobatus djiddensis) à l’Annexe II de la CITES, lors de la CoP18 qui se tiendra du 17 au 28 août à Genève, en Suisse. Les espèces inscrites à l’Annexe II peuvent être commercialisées à l’échelle internationale, mais à condition que ce commerce ne porte pas atteinte à ces espèces sauvages.

Au cours des dernières décennies, les populations de requins mako, de raies Rhynchobatus australiae et de grandes raies-guitares, toutes espèces confondues, se sont effondrées, parfois jusqu’à l’extirpation (extinction locale), comme cela semble être le cas pour la grande raie-guitare en Méditerranée. Ces déclins, largement attribuables à la demande internationale en ailerons, rendent toutes ces espèces admissibles à une inscription à l’Annexe II de la CITES.

Le 24 décembre 2018 était la date limite pour entériner les propositions d’inscription à l’Annexe II, qui exige que la poursuite du commerce de ces espèces soit durable. Les pays signataires couvrent toutes les régions du monde et comprennent le Sri Lanka, des États d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord, la République dominicaine, les Palaos — premier pays à classer l’ensemble de ses eaux territoriales en tant que sanctuaire pour requins — et les 28 États membres de l’Union européenne.

En adoptant ces inscriptions restreignant le commerce international des espèces menacées à des niveaux durables, et en encourageant les pays à adopter des lois pour contrôler ces espèces, la CITES est devenue un acteur incontournable de la protection et de la gestion des requins au niveau mondial.

Lors de la Conférence des parties de la CITES qui se tiendra en mai au Sri Lanka, des restrictions commerciales pourraient être adoptées en vue de protéger six espèces de grandes raies-guitares.
Danny Copeland

Avant la réunion CITES de 2013, le commerce international des requins et des produits issus de requins était très peu réglementé. C’est lors de cette réunion qu’a eu lieu l’inscription historique à l’Annexe II de cinq espèces de requins et de toutes les espèces de raies manta, ce qui, pour la première fois, obligeait les pays à prouver que la capture de ces espèces était durable avant d’en faire le commerce. Lors de la dernière CoP, en 2016, toutes les espèces de requins-renards, le requin soyeux et neuf espèces de raies mobula ont été ajoutés à l’Annexe II.

La mise en œuvre des inscriptions de 2013 et 2016 a été largement saluée comme un succès. Des dizaines de gouvernements du monde entier ont mis en place des mesures nationales, et plus de 70 pays ont organisé ou participé à des ateliers de formation destinés aux responsables des pêches, des douanes et de l’environnement visant à leur apprendre à établir des protections complètes ou des limites d’exportation durables, ainsi qu’à effectuer les contrôles douaniers requis pour empêcher le commerce illégal. Toutefois, selon les estimations, moins de 20 % du commerce mondial des ailerons est régi par la CITES. 

Le requin mako est fortement apprécié pour sa chair et ses ailerons. Sans la protection apportée par une inscription à l’Annexe II de la CITES, il pourrait disparaître.
Shutterstock

 « Nous sommes encouragés par l’appui mondial sans précédent accordé à notre proposition visant à protéger la grande raie-guitare, ainsi qu’à la proposition d’inscription des autres espèces de requins et de raies à la liste de la CITES », affirme Mamadou Diallo, biologiste sénégalais spécialiste de la protection des milieux marins et de la gestion des pêches. « Le Sénégal s’est engagé à faire en sorte que les 18 espèces dont l’inscription à l’Annexe II est envisagée soient effectivement inscrites en mai. »

Il s’agit de la deuxième session consécutive de la CoP à susciter un appui sans précédent de la part des pays aux propositions d’inscription à l’Annexe II, preuve que la CITES est devenue un acteur essentiel de la protection des requins et des raies du monde.

Les pays qui appuient au moins une proposition sont les suivants : Allemagne, Arabie saoudite, Autriche, Bangladesh, Belgique, Bénin, Bhoutan, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Cap-Vert, Chypre, Côte d’Ivoire, Croatie, Danemark, Égypte, Espagne, Estonie, Éthiopie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Gambie, Grèce, Hongrie, Inde, Irlande, Italie, Jordanie, Kenya, Lettonie, Liban, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maldives, Mali, Malte, Mauritanie, Mexique, Monaco, Népal, Niger, Nigéria, Palaos, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République dominicaine, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Samoa, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Slovaquie, Slovénie, Soudan, Sri Lanka, Suède, Syrie, Tchad, Togo, Ukraine.

Jen Sawada dirige le programme mondial de conservation des requins chez The Pew Charitable Trusts.

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