Échantillons prélevés : une preuve des liens entre les différentes régions du Pacifique Sud ?

Échantillons prélevés : une preuve des liens entre les différentes régions du Pacifique Sud ?

ÎLE DE RAPA ITI, Polynésie française – Nos plongées dans ces eaux ont déjà donné des résultats qui soulèvent le genre de questions que nous espérions voir surgir au cours de ce voyage.

Notre expédition est partie de Nouvelle-Zélande le mois dernier afin d’explorer la biodiversité marine dans les îles Australes et Gambier de Polynésie française, et de mieux comprendre leurs similarités et différences par rapport à d'autres régions du Pacifique Sud, comme les îles Kermadec au large de la Nouvelle-Zélande.

Lors de nos douze plongées sur trois sites ici et une autre à Marotiri, nous avons observé trois espèces de pieuvres parmi la faune et la flore rencontrées. De précédentes expéditions n’avaient enregistré qu’un seul type de céphalopode (pieuvre) dans cette région. Nous soupçonnons qu’une des pieuvres pourrait être Octopus oliveri. Du fait de son apparence et de son comportement général, elle ressemble à une espèce qui se trouve dans les eaux des Kermadec.

Octopus© Ian Skipworth

Cet animal collecté sur l’estran proche du rivage a été provisoirement identifié comme Octopus oliveri.

Auparavant, O. oliveri n’avait été documenté qu'à Hawaï, au Japon et aux Kermadec, mais jamais en Polynésie française. Donc, si la pieuvre que nous avons collectée est bien de la même espèce, c'est une découverte passionnante qui justifie l'une des raisons d’être de cette expédition : mieux comprendre l’importante connectivité existant entre les différentes îles du Pacifique Sud.

Nous avons trouvé beaucoup de mollusques de grande taille (coquilles), mais la plupart de ceux prélevés appartiennent seulement à quelques espèces. Nous n'avons pas constaté la grande diversité de mollusques qui caractérise souvent ​​les récifs coralliens.

L'équipe « poissons » a collecté plus de 150 espèces mais nous n'avons pas été en mesure de toutes les identifier formellement. Une fois que les spécialistes auront eu la possibilité d’examiner les échantillons, nous en saurons davantage sur toutes les espèces que nous avons trouvées.

Lors de nos plongées, nous avons constaté une absence de comatules (crinoïdes), ces invertébrés marins munis de longs bras ressemblant à des plumes qu’on trouve généralement sur les récifs coralliens tropicaux. Par contre, nous en avons trouvé lors de notre plongée à Marotiri.

Fish© Ian Skipworth

Ce poisson est appelé girelle féminine car son patron de coloration est plus beau que celui du mâle, ce qui n’est pas courant chez les animaux.

La plus grande difficulté que nous rencontrons, c’est que nous avons passé peu de temps à prélever des échantillons sur chaque site. Nous n'avons fait qu’égratigner la surface de toute la faune et la flore qu’il nous reste à découvrir.

Nous en saurons beaucoup plus après un examen approfondi en laboratoire des échantillons que nous avons recueillis.

Basée à Wellington, Nouvelle-Zélande, Amelia Connell travaille sur la campagne Héritage Mondial des Océans de Pew en vue d’établir une réserve marine dans les îles Kermadec.

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